LA RÉVOLUTION COPERNICIENNE.

 

On désigne sous l'expression révolution copernicienne la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l'univers du XVe au XVIIIe siècle, faisant passer les représentations d'un modèle géocentrique, selon Ptolémée (IIe siècle), au modèle héliocentrique défendu par Nicolas Copernic, perfectionné par Johannes Kepler, Galilée, et Isaac Newton.

 

 

GALILÉE ET LA RÉVOLUTION COPERNICIENNE.

En mai 1609, Galilée reçoit de Paris une lettre de l'un de ses anciens étudiants, qui lui confirme une rumeur insistante : l'existence d'une lunette permettant de voir les objets éloignés. Sur cette seule description, Galilée construit sa première lunette. Cette invention marque un tournant dans la vie de Galilée. 

Le 21 août, venant à peine de terminer sa deuxième lunette (elle grossit huit ou neuf fois), il la présente au Sénat de Venise. La démonstration a lieu au sommet du Campanile de la place Saint-Marc. Les spectateurs sont enthousiasmés : sous leurs yeux, Murano, située à 2,5 km semble être à 300 m seulement. 

Galilée offre son instrument et en lègue les droits à la République de Venise, très intéressée par les applications militaires de l'objet. En récompense, Galilée est confirmé à vie à son poste de Padoue et ses gages sont doublés. Il est enfin libéré des difficultés financières.

 

Galilée (1564-1672). Portrait de Jóost Suttermans.

Lunette de Galilée construite en 1609; grossisseement 20 fois.


 

Quand Galilée tourne sa lunette vers le ciel, très vite, en observant les phases de la lune, il découvre que cet astre n'est pas parfait comme le voulait la théorie aristotélicienne. 

La physique aristotélicienne, qui faisait autorité à l'époque, distinguait deux mondes: 

   - le monde « sublunaire » : comprenant la Terre et tout ce qui se trouve entre la Terre et la Lune ; dans ce monde tout est   imparfait et changeant ; 

   - le monde « supralunaire » : qui part de la Lune et s'étend au-delà. Dans cette zone, il n'existait plus que des formes géométriques parfaites (des sphères) et des mouvements réguliers immuables (circulaires). 

Galilée quant à lui, observa une zone transitoire entre l'ombre et la lumière, qui n'était en rien régulière, ce qui par conséquent invalidait la théorie aristotélicienne. Galilée en déduit l'existence de montagnes sur la Lune. Quand Galilée publie son Sidereus Nuncius (Messager Céleste), il pense que les montagnes lunaires sont plus élevées que celles de la Terre, bien qu'en réalité elles soient équivalentes.

 

Dessin de la Lune par Galilée, publié dans "Sidereus Nuncius" en 1610

 


 

Le 7 janvier 1610, Galilée fait une découverte capitale : il remarque 3 petites étoiles à côté de Jupiter. Après quelques nuits d'observation, il découvre qu'elles sont quatre et accompagnent la planète. Ce sont les satellites de Jupiter, qu'il nomme les étoiles Médicées (en l'honneur de Cosme II de Médicis, son ancien élève et grand-duc de Toscane). Ils seront nommés Callisto, Europe, Ganymède et Io (aujourd'hui baptisés lunes galiléennes).  

Pour Galilée, Jupiter et ses satellites sont un modèle du système solaire. Grâce à eux, il pense pouvoir démontrer que les « orbes de cristal » d’Aristote n'existent pas et que tous les corps célestes ne tournent pas autour de la Terre. C'est un coup très rude porté aux aristotéliciens.


Les quatre lunes galiléennes de Jupiter, dans un montage permettant de comparer leur taille et celle de la planète. De haut en bas: Io, Europe, Ganymède et Callisto.

 

 

Vers la fin de l´année 1610, Galilée tourne sa lunette vers Vénus et en observe les phases avec une minutieuse exactitude. Il en conclut que Vénus tourne autour du Soleil et que « les planètes reçoivent leur lumière du Soleil, étant par elle-même obscures ». Vénus a des phases comme la Lune, parfois pleine, parfois en croissant. Ceci prouve que Vénus et tantôt devant, tantôt derrière le Soleil. Dans le système de Ptolomée, tous les astres tournent autour de la Terre, et les orbites de ces astres sont des cercles concentriques, ils ne peuvent se croiser (c´est un argument contre Ptolomée). 

De plus, la taille de Vénus varie lorsqu´il l´observe de sa lunette ce qui confirme son mouvement autour du Soleil. Ainsi des observations assurent de la justesse des thèses de Copernic et contredisent les thèses officielles.

 

Observations de Galilée. En bas: les phases de Vénus. En haut: Saturne, Jupiter et Mars.