Ouragans, pauvreté, crise... Haïti accumule les malheurs.

F.G. (lefigaro.fr)
13/01/2010

 

Le tremblement de terre qui a secoué mardi soir Haïti est malheureusement loin d'être la première catastrophe naturelle que connaît le pays. Toute une série de facteurs - politiques, économiques et environnementaux - font en effet de l'île une proie facile pour ce genre d'événements dramatiques.

«Son extrême vulnérabilité face à ces événements résulte de niveaux de pauvreté élevés, d'une infrastructure inadaptée, d'un environnement dégradé et d'une série de gouvernements inefficaces», explique ainsi une étude de la Banque mondiale datant de 2006, mentionnée par le site Internet de Radio Canada.

 

Une extrême pauvreté

A l'heure actuelle, Haïti est ainsi considéré comme le pays le plys pauvre des Amériques. Le taux de chômage atteint plus de 65% de la population active. 78 % de la population vit sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour et 54 % dans un état de pauvreté extrême (moins d'un dollar par jour).

 

Ouragans, tempêtes tropicales et inondations

En 1998, le passage de l'ouragan George tue plus de 200 Haïtiens.

En 2004, l'ouragan Jeanne - accompagné d'inondations et d'importantes coulées de boue -balaie une partie du pays, principalement dans les Gonaïves, au nord de l'île. Bilan : plus de 3.000 morts et 100 fois plus de sinistrés.

En 2007, le sud de l'île est victime d'importantes inondations à la suite de pluies torrentielles.

Lors de la seule année 2008, quatre ouragans ou tempêtes tropicales, Fay, Gustav, Hanna et Ike, ont frappé successivement le pays faisant plus de 800 morts, dont plus de la moitié dans la seule ville des Gonaïves, au nord du pays, et environ un million de sinistrés. Quelque 100.000 maisons avaient été endommagées.

La déforestation du pays est directement mise en cause. La coupe incontrôlée et systématique des arbres par le gouvernement depuis des décennies favorise en effet considérablement l'écoulement des eaux lors d'une catastrophe naturelle.

 

Séismes

L'île est située dans une zone de fracture. Depuis plusieurs années, déjà, les scientifiques haïtiens et américains signalaient régulièrement la crainte d'un puissant séisme à venir et alertaient les pouvoirs publics pour qu'ils prennent les dispositions nécessaires. Pour autant, pratiquement aucune construction de l'île n'a été édifié en conformité avec les normes anti-sismiques réglementaires. Preuve de la vétusté: en novembre 2008, l'effondrement d'une école a fait 103 morts et 150 blessés dans la banlieue de Port-au-Prince. Et, à chaque catastrophe naturelle, des milliers d'habitations s'écroulent.