Inondations dans le Var : les raisons de la crue

LEMONDE | 17.06.10

 

 

Episode météorologique inhabituel pour la saison, facteurs locaux aggravants… Plusieurs éléments ont contribué à la catastrophe dans la région de Draguignan. Les météorologues connaissent bien le phénomène à l'origine des précipitations : des masses d'air chaud qui se chargent d'humidité au-dessus de la Méditerranée et éclatent en pluies torrentielles au-dessus de la côte.

 

Dans le métier, on appelle cela des "épisodes cévenols", du nom de l'arrière-pays de Nîmes où ils sont fréquents. Mais les dégâts qu'il laisse sur son passage ne sont pas facilement prévisibles. Le Var, où les inondations ont causé la mort d'au moins 25 personnes, en a fait l'amère expérience mardi 15 juin.

 

 

 

DES FACTEURS LOCAUX AGGRAVANTS

 

Circonstance potentiellement aggravante, ce type d'épisode est intervenu à une période inhabituelle : les crues dites "cévenoles" se produisent en général à l'automne, parfois au début du printemps. Ce facteur pourrait avoir amplifié les inondations : en juin, la terre est plus humide et donc plus vite saturée.

 

La nature des sols a également un impact fort sur le comportement des eaux. "Vu la forte teneur en éléments calcaires des sols du secteur, explique Marc Moulin, hydrogéologue au BRGM en Provence-Alpes-Côte d'Azur, il est possible qu'une partie provienne de résurgence rapide" de l'eau venue de la circulation sous-terraine.

 

"Ce type de sol très fissuré, très fracturé, peut avoir un effet tampon ou un effet accélérateur, concurrent de la décrue, suivant la dynamique de circulation sous-terraine." Il ne s'agit pour l'instant que d'hypothèses : les experts du BRGM attendent des données plus précises pour connaître la dynamique exacte des dégâts causés dans le Var.

 

Marion Solletty