L'homme préhistorique avait un plus gros cerveau que nous.

 

20 minutes.fr   Publié le 25 janvier 2011.

 

En 30.000 ans, le cerveau humain s’est... rétréci. «Le volume du cerveau a diminué de 15 à 30%. Il est plus court, plus bas, comprimé au niveau des lobes frontaux et occipitaux, alors que les lobes temporaux et le cervelet se sont élargis» affirme Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Muséum national d’histoire naturelle et au CNRS. Il vient d’achever avec une équipe de chercheurs la première étude sur les modifications du cerveau au cours de l’évolution de notre espèce depuis 30.000 ans. Les scientifiques ont pour cela comparé les endocrânes (empreintes laissées par le cerveau sur la surface interne du crâne) de quinze fossiles Homo sapiens et cent cinquante endocrânes d’hommes actuels. Il présentera cette étude jeudi 27 janvier lors des Journées de la société d’anthropologie de Paris.

 

 

«L’homme préhistorique n’était «pas moins intelligent» que nous

 

Les raisons qui ont conduit à cette modification sont «multiples». D’abord la taille du crâne a elle-même diminué. Le «changement de régime alimentaire» serait aussi à l’origine de cette diminution du cerveau.

Cette étude montre «la plasticité de notre cerveau.» Elle écarte également tout lien entre la taille du cerveau et l’intelligence. «A l’inverse rien ne permet de dire qu’Homo sapiens était moins intelligent. Il vivait de la même manière que nous, possédait des techniques de chasse compliquées, avec de l’outillage incroyable. Il enterrait ses morts. Et les productions artistiques il y a 30.000 ans n’ont pas rien à envier à l’ensemble de l’art d’aujourd’hui...»

 

 

Antoine Balzeau s’est d’abord appuyé sur la reproduction en 3D, puis sous forme de moulage, du cerveau de Cro-Magnon I, prouesse qu’il avait lui-même réalisée l’année dernière. Pour cela il avait ressorti des collections du Musée de l’Homme le plus complet des trois crânes fossiles de Cro-Magnon que l’établissement possède. Ces fossiles avaient été découverts en 1868 dans la grotte de Cro-Magnon, en Dordogne.

Les travaux sur l’endocrâne de Cro-Magnon ont mis en lumière «l’absence d’asymétries du cerveau existantes aujourd’hui et, à l’inverse, la présence d’asymétries n’existant plus chez l’homme actuel».

Il a ensuite été comparé à tous les endocrânes d’Homo sapiens fossiles bien conservés, datés d’il y a environ 30.000 ans. Eux-mêmes ont été confrontés à un échantillon d’hommes actuels. «Nous avons la chance de posséder tout ce matériau préhistorique au Muséum, ce qui nous a permis de mener cette étude.»