Le prix Nobel de médecine est attribué au biologiste britannique Robert Edwards


LEMONDE.FR | 04.10.10



Le prix Nobel de médecine a été attribué, lundi 4 octobre, au physiologiste britannique Robert G. Edwards, 85 ans, l'inventeur de la fécondation in vitro, a annoncé, lundi 4 octobre à Stockholm, le comité Nobel.

Robert Edwards a été récompensé "pour le développement du traitement de la fécondation humaine in vitro. Ses découvertes ont rendu possible le traitement de la stérilité qui affecte une large proportion de l'humanité et plus de 10 % des couples dans le monde", salue le comité dans un communiqué.

Né en 1925 à Manchester, Robert Edwards étudie la biologie à l'université du pays de Galles puis à l'université d'Edimbourg, en Ecosse, où il passe son doctorat en 1955 en présentant une thèse sur le développement embryonnaire des souris. Embauché au National Institute for Medical Research de Londres en 1958, il se lance dans des recherches sur la fécondation humaine. A cette époque, la médecine peinait à venir en aide aux couples ayant des difficultés à avoir des enfants. Dans cette seconde moitié du XXe siècle, les mœurs se libèrent et les maladies sexuellement transmissibles se diffusent, provoquant des cas d'infertilité chez les femmes. "De nombreuses femmes étaient stériles à cause de problèmes au niveau des trompes", se souvient le professeur René Frydman, chef de service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, à l'origine de la naissance du premier "bébé éprouvette" français. Pour soigner ces femmes devenues infertiles "on avait recours à de la chirurgie tubaire, des interventions très lourdes et souvent inefficaces", explique-t-il.

Aidé du gynécologue Patrick Steptoe, mort en 1988, qu'il a rejoint à Cambridge, M. Edwards tente de passer de l'expérimentation sur des animaux à la pratique sur des humains. "Nous avons dû franchir de nombreux obstacles avant de maîtriser la technique destinée à lutter contre la stérilité. Sept ans se sont écoulés entre le premier transfert in utero d'un embryon fécondé in vitro et la naissance", rappelait-il dans un entretien au Monde, en 2008. En 1968, les deux hommes mettent au point une technique de fécondation des ovules à l'extérieur du corps humain. Les premières tentatives de réimplantation d'un embryon dans l'utérus de femmes stériles échouent. En 1977, ils tentent un nouveau protocole qui n'introduit plus de traitement hormonal. L'implantation se fait alors selon l'évolution des niveaux hormonaux de leurs patientes. Le 25 juillet 1978 naquit enfin le premier "bébé éprouvette", Louise Joy Brown.