Le réchauffement climatique pèse sur les stations de ski des Alpes, selon l'OMT

(AFP) – 17 janv. 2008

 

AVORIAZ (AFP) — Le réchauffement climatique pèse sur l'activité de stations de ski des Alpes, un secteur qui génère un chiffre d'affaires annuel de 50 milliards d'euros, a prévenu jeudi le secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), Francesco Frangialli.

 

"Le réchauffement de la planète n'est plus une hypothèse, mais une certitude. Les perspectives sont graves", a-t-il déclaré lors d'un Forum international sur les effets du changement climatique sur les stations de montagne à Avoriaz (Haute-Savoie).

 

Alors que la neige est au rendez-vous cette année, "la saison d'hiver 2006/2007 a été la plus chaude en France depuis 1880", date à laquelle les températures ont commencé à être mesurées, a poursuivi M. Frangialli, qui occupe aussi le poste d'adjoint au maire de la commune Morzine-Avoriaz.

 

Si dans les années 70, la station d'Avoriaz, située à 1.800 m d'altitude, recevait 13 à 14 mètres de neige en cumulé tout au long de l'hiver, "cette moyenne a été de 8 mètres ces dix dernières années et de 6 mètres l'an dernier", a-t-il fait valoir.

 

Pour les stations des Alpes du Nord situées à 1.500 m, "un réchauffement de 1,8 degré ferait perdre 40 jours d'enneigement sur les cinq mois actuels", a-t-il relevé, citant une étude de Météo France. "Or, il faut un minimum de 100 jours d'ouverture pour assurer la rentabilité d'une station de ski".

 

En raison du manque de neige l'hiver dernier, des touristes britanniques ont préféré opter pour l'Amérique du Nord, "au détriment de la Suisse et de stations comme Morzine ou Avoriaz", a-t-il assuré.

 

Afin de devenir moins vulnérables aux aléas climatiques, les stations de basse et moyenne altitude, les plus affectées par le réchauffement climatique, devraient selon M. Frangialli chercher à "diversifier leurs produits", sans pour autant renoncer au ski.