Trafic d'organes: près de 500 victimes

AFP

16/12/2010 | 

 

Le Procureur serbe pour les crimes de guerre, qui mène depuis trois ans sa propre enquête sur un trafic d'organes sur des prisonniers serbes des maquisards kosovars albanais dans les années 1990, a assuré que cette affaire concernait 500 victimes.

 

Sur ces 500 victimes, 400 étaient des Serbes et 100 d'autres non-Albanais du Kosovo, a ajouté le Procureur, Vladimir Vukcevic, lors d'une conférence de presse.

Le Procureur a assuré être "beaucoup plus avancé" dans son enquête sur ce trafic d'organes que Dick Marty, du Conseil de l'Europe, qui a rendu public son rapport sur le sujet mardi soir.

 

Le Procureur serbe a précisé que son bureau coopérait avec la Mission européenne de police et de justice au Kosovo (Eulex) depuis son arrivée sur ce territoire en 2008 et qu'il avait également eu dans le passé des contacts avec ses homologues albanais.

Son adjoint, Bruno Vekaric, a indiqué que des contacts avaient été établis avec Eulex et les procureurs albanais après la publication du rapport de Dick Marty, mardi soir. Il n'a pas fourni de détails.

 

M. Vukcevic n'a pas voulu dire cependant si les autorités serbes disposaient d'informations qui mèneraient vers le Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, mis en cause dans le rapport de M. Marty.

Le rapport de Dick Marty pointe du doigt un groupe de responsables de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), le mouvement indépendantiste kosovar albanais, pour avoir eu une "responsabilité première" dans la gestion de centres de détention de l'UCK en Albanie pendant la guerre de 1998-99 au Kosovo et aussi dans "la fixation du sort des prisonniers détenus".

Ce groupe, identifié comme celui de "la Drenica", était dirigé à l'époque par Hashim Thaçi.

 

Toujours selon M. Marty, une "autre personnalité de l'UCK", Shaip Muja, aurait procédé au "prélèvement forcé d'organes" sur les prisonniers de l'UCK, principalement des Serbes, "pour en faire le trafic".

Le gouvernement kosovar a réfuté catégoriquement le rapport de M. Marty.