Pluie d'étoiles filantes dans le ciel de l´Europe samedi soir.

 

Le ciel du site néolithique de Stonehenge, au sud de l'Angleterre, le 13 d´août 2010.
Les minuscules particules qui heurtent notre atmosphère à plus de 200.000 kilomètres à l'heure, causent un violent échauffement (la température des corps célestes atteint 2000°C) et laissent dans son sillage un trait de lumière. Les orbites de comètes, très elliptiques, parfois rétrogrades, sont encombrées de poussières laissées par la comète sur son orbite à chaque passage près du Soleil. La Terre croise chaque année plusieurs dizaines d'orbites de comète. À chaque fois, il y a une recrudescence plus ou moins importante d'étoiles filantes (un essaim). C'est le cas en particulier chaque 10-12 août quand la Terre croise l'orbite de la comète Swift Tuttle (les Perséides). Certaines comètes ont eu, dans les siècles précédents, une activité très irrégulière, et ont émis des « paquets » de poussières. C'est le cas, en particulier, de la comète Temple Tuttle à l'origine des Léonides (17-18 novembre) et de la comète Giacobini-Zinner à l'origine des Draconides (6-10 octobre).
 

Par Cyrille Vanlerberghe

Le Figaro.  07/10/2011


Ce samedi soir, vers 22 heures, dans le ciel de l'Europe il y aura une pluie d'étoiles filantes exceptionnelle, qui devrait atteindre 600 météores par heure. Ce spectacle céleste sera provoqué par le passage de la Terre dans un nuage de poussière laissée dans l'espace par le passage de la comète 21P/Giacobini-Zinner.

Cette pluie d'étoiles filantes porte le nom de «draconides», car les traînées lumineuses laissées par l'entrée dans l'atmosphère des poussières semblent provenir de la constellation du Dragon, visible dans l'hémisphère Nord.

En temps normal, les draconides ne font pas parler d'elles car leur intensité est très réduite, environ 20 étoiles filantes par heure dans des conditions idéales (nuit très noire, sans Lune), la Terre passant en général à côté de la trajectoire de la comète. Cette fréquence n'est pas très éloignée d'une nuit quelconque, pendant laquelle il tombe en moyenne «par hasard» 5 étoiles filantes par heure.

Mais certaines draconides furent malgré cela exceptionnelles. En 1933 et en 1946, les astronomes enregistrèrent des pics à plus de 10 000 étoiles filantes par heure, soit presque 3 éclats par seconde ! Un observateur irlandais rapporta en 1933 qu'il avait l'impression «qu'il se mettait à neiger». A posteriori, les spécialistes de la mécanique terrestre ont déterminé que ces deux pics historiques avaient été provoqués par le passage de notre planète dans le nuage de poussière laissé par la comète en 1900.