Pour leur contribution au renforcement des relations culturelles entre la France et l'Espagne, ce sont cette année deux acteurs qui ont été décorés par l'association Diálogo. Après Alfredo Pérez Rubalcaba et Brice Hortefeux l'an passé, Carmen Maura et Jean Reno s'inscrivent dans la longue liste des ambassadeurs d'une relation bilatérale toujours plus étroite

Vincent GARNIER (www.lepetitjournal.com - Espagne) mercredi 16 novembre 2011

 

En conférence de presse à la Résidence de France dans la matinée, puis à l'occasion de la remise du prix le soir, lors du repas organisé pour l'occasion, l'actrice espagnole Carmen Maura, lauréate du prix avec l'acteur français Jean Reno, n'aura pas manqué de surprendre l'auditoire. Tandis que son homologue n'avait pu effectuer le déplacement à Madrid pour recevoir le prix décerné par l'association Diálogo, Carmen Maura prenait la parole devant un parterre de nombreuses personnalités, pour exprimer ses sentiments vis à vis de la France et de sa vie dans la capitale parisienne, où elle habite depuis près de 20 ans. "On m'a donné plusieurs prix au cours de ma carrière d'actrice", déclarait-elle, "mais avec celui-ci, je m'identifie tout particulièrement. J'ai travaillé à faire reconnaître les Espagnols en France, non seulement en tant qu'actrice, mais aussi au quotidien, peu à peu, personne par personne".

La première femme à qui ce prix est attribué
Il faut dire les bonnes choses et les moins bonnes. Avec une pointe d'ironie, Carmen Maura n'a pas manqué de rappeler que sa condition d'Espagnole ne lui a pas toujours facilité la vie dans l'Hexagone. "Pour moi, la France était un pays à conquérir. Quand j'étais petite, parler l'anglais c'était vulgaire. le français par contre, c'était ce qu'il y avait de plus raffiné... La France avait toujours été comme un pays merveilleux". Revenant sur les différences entre les deux cultures, l'actrice a cependant admis avoir beaucoup souffert pour réussir à s'intégrer de l'autre côté des Pyrénées. Et d'ajouter : "En 20 ans les choses ont énormément changé. On nous aime et on nous respecte beaucoup plus maintenant". Pas franchement adepte du "politiquement correct", Carmen Maura aura profité de l'opportunité pour souligner l'attrait des deux pays l'un pour l'autre, mais aussi les difficultés liées aux préjugés et aux différences culturelles. Elle s'exclamait finalement : "Je suis aussi très contente d'être la première femme à qui ce prix a été attribué".

Rapprocher les citoyens et les sociétés des deux pays voisins
Comme de coutume, la remise du prix Diálogo se sera caractérisée par le prestige qui l'entoure. Dans le très select Palacio de Cibeles, la présentatrice de télévision Marta Robles a joué le rôle de modératrice. La Ministre de la Culture Ángeles González-Sinde a également fait une intervention remarquée : "La France et l'Espagne sont deux pays qui s'attirent magnétiquement depuis longtemps. Je tiens à remercier l'association Diálogo, d'avoir cette année fait le choix de se centrer sur la culture, et plus particulièrement sur le cinéma". José Luis Leal Maldonado, président de Diálogo, a pour sa part rappelé les fondements de l'association : rapprocher les citoyens et les sociétés des deux pays voisins, via une meilleure connaissance des réalités réciproques. Le seul grand absent, Jean Reno, de son vrai nom Juan Moreno y Herrera-Jiménez, a même adressé quelques mots à l'audience, par le biais d'une video qui a été projetée sur grand écran. Avec un léger accent andalou, il n'a pas manqué de faire rire la salle avec son légendaire humour.