Le mal de la pierre.

 


 

Depuis plus de deux siècles, le grand développement des industries, des transports et du chauffage a entraîné d'importantes émissions dans l'atmosphère de composés soufrés, azotés et carbonés. Ces composés sont soit gazeux (SO2, NOx, CO, CO2 ...), soit particulaires (cendres volantes  et suies). La pollution atmosphérique induit de la corrosion, des noircissements et encroûtements par les poussières issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers, ainsi que des altérations diverses en association avec le gel, l'humidité et les micro-organismes.

Le phénomène que l'on a surnommé le « mal de la pierre » s'explique aisément : l'acidité contenue dans les précipitations décompose la chaîne moléculaire du calcaire, qui se transforme en chaux, entraînant l'effritement de la pierre.
 

 

 

Façade occidentale de la Cathédrale de Notre Dame de Paris en 1963.

La  conjugaison des précipitations acides et de la pollution urbaine fait en sorte que certains bâtiments – construits bien souvent en pierres calcaires –  dépérissent dix fois plus rapidement que la normale. Depuis 1992, le progrès de la technologie a permis de redonner à la pierre extérieure de la Cathédrale de Notre Dame noircie par les siècles, sa pureté et sa blancheur originales. Les sculptures ont été traitées par laser, micro gommage et compresses humides afin de pulvériser la poussière sans altérer la patine du temps. Les pierres trop abîmées ont été remplacées à l'identique à partir de calcaire coquillé prélevé en région parisienne. Un réseau de fils électriques, invisibles du sol, entraîne le départ des pigeons.

 

Lion en calcaire (pont Alexandre III, Paris). Des croûtes noires gypseuses se développent à l'abri de la pluie. ( Source : Airparif )