L'Espagne rapatrie le missionnaire atteint d'Ebola par avion

 

Le Point.fr - Publié le 06/08/2014

Il s'agit du premier rapatriement sur le continent d'un Européen touché par Ebola. À son arrivée, le prêtre sera placé dans un hôpital près de Madrid.

 

Le missionnaire espagnol de 75 ans, qui a contracté le virus Ebola au Liberia, a été rapatrié dans son pays mercredi. Un avion militaire médicalisé, un Airbus A310 avec une équipe spécialisée à bord, a décollé de la base aérienne de Torrejon de Ardoz, près de Madrid, a indiqué le ministère de la Défense sur son compte Twitter.

Une fois arrivé, le missionnaire, Miguel Pajares, ira dans un hôpital préparé pour accueillir ce type de malade dans la région de Madrid, a affirmé la directrice de la santé, Mercedes Vinuesa, lors d'une conférence de presse, ajoutant que le nom de l'hôpital serait précisé jeudi. "La sécurité des Espagnols est garantie", a-t-elle assuré. "Cette nouvelle me redonne du courage. C'est formidable. Je suis content. Ça vaut la peine de lutter", a réagi le missionnaire, Miguel Pajares Martin, membre de l'Ordre hospitalier de San Juan de Dios (Saint-Jean de Dieu), interrogé par téléphone par le journal ABC.



Deux religieuses infectées

"J'ai de la fièvre. Je n'ai pas d'appétit (...), j'ai pas mal de douleurs articulaires. J'ai besoin d'aide pour aller d'un endroit à l'autre", avait raconté lundi le père Pajares à la chaîne de télévision américaine CNN. Le prêtre et cinq autres personnes ont été placés en isolement à l'hôpital Saint-Joseph de Monrovia, après la mort samedi du directeur du centre, selon cet ordre religieux catholique qui gère l'établissement. L'ordre a également demandé "l'évacuation d'urgence vers l'Espagne" de deux autres de ses membres infectés, les soeurs Chantal Pascaline Mutwamene, une Congolaise, et Paciencia Melgar, une Équato-Guinéenne.

"La situation est grave au Liberia. Beaucoup de gens meurent. Ils ne s'occupent pas bien des gens. Il n'y a pas d'organisation assez forte pour mettre fin à l'épidémie. Il n'y a pas assez de moyens. La majorité des gens meurent sans soins", a affirmé Paciencia Melgar à la télévision nationale espagnole. L'appareil est "équipé avec les moyens nécessaires pour transporter en toute sécurité trois patients sans risque de contagion", a affirmé le ministère de la Défense, sans préciser combien de personnes seront effectivement transportées.

Pour l'heure, Madrid a donné son feu vert au rapatriement du prêtre mais n'a fourni aucune information sur les autres missionnaires. "La demande que nous avons est celle des Espagnols et ce qu'examine le pays, c'est le rapatriement des Espagnols", a affirmé Mercedes Vinuesa, interrogée sur ce point par les journalistes. Parmi les six personnes placées en isolement figure une autre missionnaire détentrice d'un passeport espagnol, Juliana Bohi, selon ABC.



Premier rapatriement en Europe

"Nous espérons qu'ils ne laissent pas là-bas les soeurs parce que nous savons comment cela se termine là-bas. Comme le dit Miguel, ils sont condamnés à mort. On ne peut pas les laisser mourir comme ça", a affirmé la cousine du prêtre, Begona Martin, à la radio Cadena Ser. Il s'agit du premier rapatriement en Europe d'une personne touchée par Ebola. Avant le missionnaire espagnol, deux Américains - un médecin et une missionnaire - ayant contracté le virus au Liberia, où ils luttaient contre l'épidémie au sein d'une ONG humanitaire, ont été rapatriés par avion sanitaire. Ils ont été admis dans des hôpitaux spécialement équipés à Atlanta (sud-est), cette dernière mardi, trois jours après son collègue.

L'actuelle épidémie d'Ebola, de loin la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique depuis son apparition en 1976, a fait 932 morts sur 1 711 cas (confirmés, suspects ou probables) dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria, selon un nouveau bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié mercredi.