Inondations inédites dans le nord désertique du Chili

 

LE MONDE | 06.04.2015 Par Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)





A Copiapo, dans le nord du Chili, le 25 mars.

Le bilan des victimes des inondations et des glissements de terrain qui affectent le nord du Chili, traditionnellement aride, s’alourdit de jour en jour en jour : 25 morts, plus de 125 disparus et quelque 30 000 sinistrés, a indiqué, le 4 avril, l’Office national des urgences (Onemi).

La région désertique d’Atacama, à 800 km au nord de Santiago, a été la plus touchée avec 17 coulées de boue simultanées, fin mars, après que de fortes pluies ont fait fondre la neige de la cordillère des Andes, selon les autorités. L’eau, charriant des pierres et de la terre, a envahi les villes, les principaux fleuves ont débordé, détruisant des ponts et emportant des milliers de maisons. Les principales mines de cuivre, richesse essentielle du Chili, ont été affectées.

Les régions d’Antofagasta et de Coquimbo ont également subi des précipitations exceptionnelles, comme le pays n’en avait pas connu depuis 80 ans. Il est tombé 24,4 mm sur la station météo d’Antofagasta, le 25 mars, alors que la moyenne annuelle n’est que de 3,7 mm, soit l’équivalent de près de 7 années de pluie en une journée. Et 4 mm sur la station météo de Quillagua où il n’avait pas plu significativement depuis 23 ans. La température du Pacifique, supérieure à la normale du fait d’un nouvel épisode El Niño, serait en partie responsable du phénomène.