Le Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola), une espèce de passereau migrateur de la famille des Acrocephalidae.



Son régime alimentaire se compose essentiellement de grands arthropodes présents dans les prairies humides. Araignées, diptères, papillons (chenilles) et trichoptères constituent environ 70% de sa nourriture. La disponibilité du stock alimentaire conditionne le choix des sites.

 

Espèce rare et protégée

Le phragmite aquatique est le passereau le plus menacé en Europe. En effet, au cours du XX siècle, la population a chuté de 95 % en raison de la forte régression de l’agriculture traditionnelle (sur les sites de nidification.). La population mondiale est actuellement estimée entre 10 200 et 13 800 mâles chanteurs.

La communauté scientifique européenne œuvre pour la conservation de cette espèce à travers les programmes « Life ». Une équipe de Birdlife International lui est même consacré : Aquatic Wabler Conservation Team.

En France, cet oiseau fait aujourd’hui l’objet d’un Plan National d’Actions visant à mieux comprendre le fonctionnement de cette espèce en migration et ainsi mieux protéger les zones de halte migratoire.

 

Les sites de nidification

Le Phragmite aquatique niche en Europe de l’Est. Une quarantaine de sites sont connus en Biélorussie, Ukraine, Pologne, Allemagne, Hongrie et Russie (rouge sur la carte). Les vallées de grandes rivières, les marais,  les tourbières ou encore les prairies de fauche et de pâturage sont des milieux propices à la nidification de cette espèce. Ces milieux ouverts constituent des habitats favorables au Phragmite aquatique.

Les mâles et les femelles sont polygames. Pour attirer les femelles, les mâles chantent pendant toute la saison de reproduction, de début mai jusqu’à la fin juillet. Ils ne sont pas territoriaux contrairement aux femelles.

Le nid est construit exclusivement par la femelle, au ras du sol, caché dans les graminées et les carex.  Elles s’occupent seules de l’incubation et du nourrissage des juvéniles.

 






La migration post-nuptiale

Migrateur transsaharien, le Phragmite aquatique quitte ses zones de reproduction à partir de fin juillet pour rejoindre l’Afrique de l’Ouest en longeant  les côtes de la mer du Nord, de la Manche et de l’Atlantique (jaune sur la carte). La migration engendre une énorme dépense d’énergie d’où l’absolue nécessité de trouver des zones d’escales pour reconstituer leurs réserves de graisses.

En France, la Loire-Atlantique est un département clé pour cette espèce. En effet, l’Estuaire de la Loire (Donges-Est, le Massereau),  le  Parc Naturel Régional de la Brière et  la Réserve Naturelle du lac de Grand-Lieu constituent l’un des éco-complexes nationaux sont les plus importants dans la migration de cette espèce.  Ces zones d’halte migratoire sont essentielles à la survie du Phragmite aquatique au cours de sa longue route vers les quartiers d’hivernage africains.

 

Les sites d’hivernage

En 2007, le premier site d’hivernage du Phragmite aquatique est découvert par l’Aquatic Wabler Conservation Team au Parc des oiseaux du Djoudj au Sénégal.

En 2011, L’équipe ACROLA découvre  trois nouveaux sites d’hivernage, deux en Mauritanie et un au Mali. En Mauritanie, les sites où la présence de Phragmite aquatique a été mise en évidence par les bagueurs de l’ACROLA sont des petites zones humides appelées «Tamoürts» (entre 50 et 500 ha). Ce sont de véritables oasis de verdure au milieu de l’immense steppe sahélienne. Ces bassins retenant l’eau offrent les conditions propices au développement de scirpaies, végétation particulièrement appréciée du Phragmite aquatique où il trouve gîte et couvert pour passer l’hiver.

Au Mali,  les recherches ont été fructueuses dans les « bourgoutières » bordant le Mayo Dembé au centre du Delta intérieur du fleuve Niger. Ce sont des prairies humides inondées une partie de l’année par la crue du fleuve dans lesquelles pousse un pâturage naturel de graminées largement dominée par le bourgou Echinochloa stagnina.

 

La migration pré-nuptiale

Après avoir passé l’hiver en Afrique, le Phragmite aquatique rejoint ses zones de nidification par une route plus directe, plus orientale, traversant la Méditerrannée et l’Italie (bleu sur la carte en haut) mais cette migration est très peu connue et on ne connaît pas exactement ses axes migratoires.