TUROLIEN


Le terme fut proposé par M. Crusafont Pairo en 1965 pour désigner l’étage continental qui succède au Vallésien, et, précédant la transgression pliocène, termine donc le Miocène supérieur. Le stratotype (localité de Los Mansuetos, près de Teruel, Espagne), d’une puissance d’environ 100 mètres, est surtout constitué de silts et de calcaires.

Le Turolien correspond à la partie supérieure de l’ancien Pontien lato sensu. Les corrélations à grande distance, et avec les niveaux marins, sont encore incomplètement établies. Le Turolien peut être mis en parallèle avec le Messinien en Méditerranée, la fin du Pannonien en Europe centrale et le Méotien Pontien stricto sensu de la mer Noire.

Sur la base des datations radiométriques, on peut également lui rattacher les gisements de Lukeino et Lothagam, au Kenya, de Khendek el-Ouaich, au Maroc, l’essentiel de la formation de Dhok Pathan, dans les Siwaliks, et la base de l’Hemphillien américain. En Europe, c’est le niveau de la faune dite de Pikermi, très répandue dans l’est du bassin méditerranéen: Balkans, Grèce, Turquie, Iran (gisements de Titov Veles, Pikermi, Samos, Maragha), mais aussi au nord de la Paratéthys (Grebeniki, Taraklia), en Europe centrale, France (Lubéron), Espagne (Los Mansuetos, Concud, Piera).

La faune indique un assèchement généralisé, avec formation de vastes étendues de steppe ou de savane, à l’exception peut-être de l’Europe centrale (Dorn-Durkheim en Allemagne), où persistent des faunes forestières héritées du Vallésien. Si les Cervidés se raréfient fortement, les Hipparions connaissent une extraordinaire diversification, ainsi que les Bovidés, les Muridés... On voit apparaître les premiers hippopotames, les premiers loups. C’est sans doute aussi à cette époque que les Australopithèques naissent en Afrique (gisement de Lukeino).