L'ALBUFÈRE DE VALENCE


La dépression de L'Albufera (nom d'origine Arabe : Al-Boeira ou Al-Buhera, défini comme "lagune formée d'eau de mer" par l'académie royale espagnole), s'étend au sud de Valencia sur 21000 ha. Elle est majoritairement dédiée à la riziculture (18 000 ha).

Le plan d'eau qui par le passé s'étendait vers le sud, occupait 13000 ha au XVIIIème siècle puis 8 000 à la fin du XIXème et n'occupe de nos jours que 2800 ha. Il est entouré d'une végétation palustre occupant environ 350 ha.

Le cordon littoral (dehesa ou devesa = paturage) qui sépare la lagune de la mer s'étend sur environ 900 ha. Pour donner un ordre de grandeur, le Parc de l’Albufera représente pratiquement le quart du Parc Régional de Camargue, situé dans le delta du Rhône.

L’Albufera est une zone humide qui compte parmi les plus importantes de Méditerranée. Les dunes mobiles (proches de la mer), les dunes fixées (boisées), les mallades (dépressions interdunaires) et le "lac" hébergent plus de 600 espèces végétales et une faune variée, spécialement en ce qui concerne les oiseaux: plus de 250 espèces d'oiseaux sont plus ou moins présents et 90 espèces s'y reproduisent, en particulier canards et échassiers. La richesse de l'avifaune a largement contribué à la reconnaissance de l'intérêt national et international de cette zone.

 

Formation, hydrographie de la lagune


Le cordon littoral fermant la lagune est constitué par le dépôt de matériaux fluviatiles déposés à l'embouchure du fleuve Turia et dérivant en longeant la côte vers le sud. Cette fermeture naturelle a favorisé la formation d'un plan d'eau très adoucie (appelé "lac" -bien qu'"étang" serait peut-être plus adapté, vu la faible profondeur-), par les apports du Turia et du Jucar, modulés par les barrages amont et par le contrôle des communications avec la mer par les "golas" d'El Pujol (artificielle), Perellonet (artificielle) et Perello (naturelle).








Les principaux apports se font par le Turia, via 8 canaux principaux qui alimentent un réseau dense de canaletes grâce auxquelles les rizières de cette zone sont irriguées. Il faut aussi mentionner le canal royal du Jucar qui pénètre dans la partie sud par Silla et se subdivise en de nombreuses canalettes également utilisées pour irriguer les rizières, avant de rejoindre le lac. Une épaisse couche de sédiments recouvre le plan d'eau, en cours de colmatage. Sa hauteur d'eau moyenne est de l'ordre du mètre.