Janvier 2006: Conférence internationale sur la prévention des glissements de terrain et sur la réduction des dégâts.

 

Près de 100 experts de 14 pays, représentant un bon nombre d’institutions globales et de gouvernements, se sont rassemblés à l’Université des Nations Unies à Tokyo du 18 au 20 janvier pour établir un ordre de priorités internationales afin de pallier les pertes humaines et financières dues aux glissements de terrain et de promouvoir un réseau de Programmes internationaux sur les glissements de terrain. 

La réunion marquait le premier anniversaire de la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes naturelles qui avait eu lieu à Kobe, au Japon. 

L’Asie a connu 220 glissements de terrain au cours du siècle dernier – elle est de loin la région du monde la plus touchée – mais ceux survenus dans les Amériques ont causé plus de décès et de blessés (plus de 25 000) alors que ceux survenus en Europe ont été les plus coûteux financièrement, causant en moyenne près de 23 millions de dollars de dégâts par glissement de terrain.

 « L’augmentation de l’intensité et de la fréquence des précipitations, associée à l’accroissement de la population peut multiplier radicalement le nombre de victimes des glissements de terrain, particulièrement dans les pays en développement, où le besoin pressant en terres cultivables a souvent entraîné l’exploitation agricole des pentes, ce qui est un facteur de risque important de glissement de terrain, » ont souligné les scientifiques. 

Les glissements de terrain sont au septième rang des catastrophes naturelles les plus meurtrières, après les tempêtes, les inondations, les sécheresses, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et les températures extrêmes, entraînant la mort de 800 à 1000 personnes en moyenne pour chacune des vingt dernières années. Une moyenne de 940 personnes a été tuée par des glissements de terrain chaque année au cours de la décennie 1993-2002, la plupart en Asie. 

Des glissements de terrain à grande échelle le long des côtes peuvent provoquer des tsunamis ; le plus meurtrier recensé à ce jour a été causé par un glissement de terrain sur le volcan Unzen en 1792 et a tué 16 000 Japonais à cause des déblais du glissement de terrain et du tsunami qu’ils avaient provoqué. Les glissements de terrain ayant lieu au sommet d’un volcan peuvent déclencher des éruptions comme la fameuse éruption du mont Saint-Hélène aux Etats-Unis en 1980. 

Les glissements de terrain menacent aussi certains des sites culturels les plus précieux du monde, tels que, par exemple, la fameuse Vallée des Rois en Egypte, abritant les tombes des pharaons ; Lishan en Chine, site du palais Huaqing construit sous la dynastie Tang (618-907) ; et le Machu picchu au Pérou, la cité fortifiée des Incas, située au sommet d’une montagne. 

« Alors que toutes les régions subissent des catastrophes liées aux glissements de terrain, les conséquences de celles-ci sont plus graves dans les pays en développement, où la base de connaissances nécessaires à l’identification des sites à risque est souvent inexistante ou fragmentaire, » explique Badaoui Roubhan, chef de la section de la prévention des catastrophes naturelles de l’UNESCO.