La catastrophe de Roquebillière (Alpes-Maritimes) du 24 novembre 1926.

 

 

 

 

 

Pendant le mois de novembre 1926, orages et pluies provoquent partout en France et en Europe des inondations. Dans les Alpes-Maritimes, la situation devient préoccupante : de nombreux éboulements sont signalés dans le haut-pays niçois, isolant des villages de la Haute-Vésubie. Très vite, les liaisons de village à village ne peuvent plus être effectuées qu'à pied.
 

Au dessus de Roquebillière, sur le mamelon rocheux qui le domine, une menace se dessine: une crevasse se forme sur les terrains situés au Nord, c'est-à-dire en direction du village. Le danger commence à inquiéter les populations des deux villages. Aussi, le 23 novembre, sur l'incitation de l'adjoint au maire de Belvédère, M. Guigo, maire de Roquebillière, décide d'aller sur les lieux pour évaluer les risques.

Après examen, la crevasse leur paraît assez étroite, moins menaçante que ce qu'ils craignaient et le village ne leur paraît pas en danger dans l'immédiat. La population encore alarmée, est rassurée par la proclamation d'un crieur public leur assurant qu'ils pouvaient rentrer dormir chez eux, sans crainte. Mais la montagne continue à bouger et le 24 novembre, à 3 h 10 du matin, la lèvre inférieure de la crevasse cède brusquement. Une masse énorme de terre se détache de la montagne et glisse jusque dans le lit de la Vésubie, emportant tout sur son passage. La pente, partout forte, dépassant parfois 45 degrés, est dévalée en deux à trois minutes par le glissement de terrain qui avec une force accrue vient s'abattre sur le village. Le volume de terre déplacé peut être estimé à trois millions de mètres cubes.

Les premières explications sur l'éboulement de Roquebillière sont avancées. Le rôle des pluies ne fait aucun doute mais une étude approfondie détermine que l'éboulement serait la résultante d'une convergence de trois causes différentes :
- une cause permanente : la multiplication des canaux d'irrigation. En effet le déversement de flots durant la saison sèche sur les terrains agricoles empêche le sol de s'égoutter et rend l'absorption des pluies hivernales impossible.
- une cause immédiate : les pluies catastrophiques de l'automne 1926. Du 21 octobre au 22 novembre, les précipitations ont pulvérisé tous les records.
- une cause finale : les mouvements sismiques. Des mouvements de faible amplitude avaient été ressentis les jours précédents. C’était des séismes légers, courants dans la région mais qui agiront comme des déclencheurs sur un terrain déjà miné, raviné, facilitant ainsi les phénomènes d'effondrement et de glissement.


"La catastrophe de Roquebillière du 24 novembre 1926 et ses consequences." Aude DEBERDT. Résumé d´un mémoire de maîtrise soutenu à la Faculté des Lettres de Nice sous la direction de M. Ralph Schor. 1995.